France 1er consommateur Européen de psychotropes
La France est la malheureuse lauréate du classement des pays européens ayant le plus recours aux psychotropes. A ce sombre tableau, nous pouvons ajouter que cette tendance n’est pas nouvelle. Elle se confirme depuis le milieu des années 1990.
Les psychotropes sont des médicaments qui proposent une réponse chimique à un trouble psychiatrique identifié. Leur usage n’est pas nocif par essence, il est au contraire utile au traitement de certaines maladies psychiques (rôle des neuroleptiques pour lutter contre les hallucinations dans la schizophrénie par exemple). Mais l’emploi de ces méthodes thérapeutiques nécessite un suivi régulier et une attention médicale. La prise de tels médicaments en dehors des clous d’une prescription peut s’avérer dangereuse.
Pourtant, dans la majeure partie des cas, la prescription est elle-même problématique : 80% des psychotropes sont prescrits par des médecins généralistes, et non par des psychiatres. Dans leur pratique, les généralistes sont confrontés à tout le prisme des troubles psychologiques, du stress quotidien à des pathologies lourdes. Cette diversité peut avoir pour conséquence une prescription non adaptée. La durée des prescriptions recommandée n’est par ailleurs pas toujours respectée par les médecins.
Un rapport d’information de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes note les risques inhérents à la prise inconsidérée de médicaments. Les Députés déclarent ainsi que « de nombreux travaux ont montré la relation quasi linéaire du nombre de réactions indésirables avec le nombre de médicaments pris par le patient. »
Le recours aux psychotropes n’implique pas que la population française est plus fortement déprimée, ou plus sujette aux troubles psychiques. Elle met surtout en évidence les dangers d’une consommation banalisée, sans considération de solutions alternatives, telles des thérapies psychologiques, ou le recours à des médications controversées mais plus douces (homéopathie par exemple).
Ce constat ouvre 2 perspectives : d’une part identifier les sous-jacents aux mal-être de ces individus ; d’autre part, éviter les jugements hâtifs car la prise en soin par psychotrope est une acte d’amélioration de son état.
La consommation de psychotropes participe à un diagnostic plus général de mal-être relatif des Français. Il corrobore malheureusement d’autres formes de classement du bonheur des habitants de l’hexagone, comme basés sur la proportion d’habitants se déclarant (très) heureux. Cette réalisation est une incitation à examiner de plus près la « distribution » (au sens répartition) du bonheur en France. En effet, les pays Scandinaves sont les pays qui semblent être les plus heureux, avec malgré tout des taux de suicide importants. De manière similaire, le profil de distribution de la population Française permettra d’établir de probables ou éventuelles inégalités en termes de bonheur ainsi que leur ampleur.
Lire le rapport parlementaire de Maryvonne Briot.






